Le soir où j'ai sauvé Joscelin de la noyade...
On n'avait pas trop bu pourtant. J'ai trouvé l'idée originale du bain de minuit. Alors j'ai pris mon accent beauf :
"Eh Joscelin, t'as pas les couilles de te baigner ce soir, si tu le fait je le fait ?!" Il faut pas le mettre au défi ce con, surtout quand il a un coup dans le nez. Alors on a enfilé nos caleçons direction la plage. Arrivés là-bas, j'ai pas fait le malin, le vent soufflait fort. On a bu une dernière bière et puis on s'est déshabillés. On s'est tournés vers les filles, et d'un ton solennel :
"Au revoir les filles, ce soir nous avons l'âme mélancolique, le spectre de Jeff Buckley plane au dessus de nos têtes, hallelujah, hallelujah" Puis on s'est dirigés vers les vagues en chantant
"Hallelujah". L'eau était bonne, bien meilleure que la journée. Le courant était violent. On ne voyait plus les filles, on marche encore quelques dizaines de mètres. Les vagues nous submèrgent mais on tient bon. On nage un peu bourrés, sans vraiment faire attention. Je suis Joscelin quand tout à coup une vague énorme nous fait chavirer en arrière. J'ai à peine le temps de ressortir la tête de l'eau pour respirer et me repérer qu'une autre vague aussi grosse me retourne sur moi-même. Je tente de retrouver mes esprits et réalise que les vagues nous aspirent violement au large. Le bruit du vent et des vagues est assourdissant. Je fait demi-tour et nage du plus vite que j'ai pu pour retrouver pied mais je n'avance pas. J'ai perdu
Joscelin de vue, j'ai beau hurler son prénom, pas de réponse. Je nage jusqu'à l'épuisement quand j'aperçois une silhouette à la dérive. Je le prends par la main et tente de le ramener, je le pousse par à coups vers la plage. A ce moment-là un espadon plante son nez dans ma cuisse, ah l'enculé ! je le chope, le bute et retire le nez de ma cuisse tout en rapatriant de mon bras droit
Joscelin, toujours aux abois. Après moults gestes de panique. On retrouve miraculeusement pied mais il ne peut faire le moindre geste. Je le tire jusqu'au sable. Il tousse de l'eau, mauvais signe. Je vais pour executer un massage cardiaque quand une femelle dauphin acouche à quelques mètres de nous. Je laisse
Joscelin de côté deux secondes, j'aide la femelle à couper le cordon ombilical, je lui porte le bébé, c'est un garçon.
"Ne me remerciez pas, c'est tout naturel" Je retourne vers l'autre con qui à retrouvé conscience.
On retrouve les filles, un peu sous le choc. On leur a rien dit, on serait passés pour des héros, c'est pas notre genre...